Lens–Paris FC : l’Europe se gagne aussi le samedi

Trois jours après sa défaite à Bruges (3-0), Lens reçoit le Paris FC à Bollaert, samedi à 20h45. Le Paris FC, troisième, vient se frotter à un adversaire qui reste sur deux succès en championnat. Pour le Racing, l’enjeu est de poursuivre sa remontée au classement, afin que ces semaines européennes en appellent d’autres.

Présentation PFC - 23/10/26
Duel de costauds
Photo CSO

Il suffit d’un tirage européen pour se découvrir une passion pour les voyages organisés. Pour Bruges, on nous avait même épargné les hésitations : départ obligatoire de Lens en car, accès à la ville interdit, match, et retour à la case départ dans la nuit. Restait à se convaincre qu’un retour à trois heures du matin se conciliait très bien avec une journée de travail. Un supporter sait être raisonnable. Il choisit simplement ses sujets.

À Bruges, mercredi, le football a toutefois rappelé qu’il ne remboursait pas les frais de déplacement. Nos Artésiens ont donné le change aux Flamands ; hélas, le poteau d’Ivanovic et les occasions de la première période ont précédé une défaite nette, 3-0. Une soirée où les possibilités entrevues rendent le score encore plus pénible à regarder.

L’occasion de rebondir se présente vite. Elle prendra la forme d’une rencontre face à un Paris FC qui a déjà suffisamment bien commencé sa saison pour mériter qu’on referme les comptes rendus de Bruges. Et qu’on se penche sérieusement sur son cas, celui d’un club devenu plus ambitieux que jamais dans son histoire.

Le PFC avance plus vite que son image

Depuis l’entrée de la famille Arnault et de Red Bull au capital du club, le second club de la capitale est souvent résumé à ses nouveaux moyens, volontiers présentés comme presque illimités. À force de commenter sa nouvelle fortune, on finirait pourtant par oublier ceux qui étaient là avant. Une dizaine de joueurs de l’effectif actuel ont connu la Ligue 2 sous ces couleurs, dont certains noms qui fleurent bon l’Élite. Kebbal, Lopez, Camara, Mbow ou Krasso, pour ne citer qu’eux, appartiennent à cette histoire. Ils ont participé à la montée et conservé leur place dans un projet qui a changé d’échelle.

Les finances ont évidemment compté : elles ont permis au PFC d’attirer des recrues que le Racing aurait aimé s’offrir. Mais le club francilien a aussi eu l’intelligence de ne pas faire table rase de son récent passé. Les recrues Coppola, Pagis, Sinayoko, sont venues renforcer un groupe et des joueurs qui avaient déjà quelques arguments à faire valoir. Le Paris FC d’après s’est construit avec celui d’avant, qui a parfois connu un dur apprentissage contre un adversaire comme Lens. C’est peut-être dans cette intelligente synergie que cette équipe trouve une partie de sa réussite.

Le goût du jeu, lui non plus, n’est pas arrivé avec le dernier mercato. Dès son retour en Ligue 1, sous Stéphane Gilli puis Antoine Kombouaré, le PFC avait montré son envie de proposer un football attrayant, avec les risques que cela comporte. Liam Rosenior prolonge aujourd’hui ce goût du jeu, avec davantage de possibilités, et les résultats donnent du poids à cette continuité.

Quatre victoires, deux nuls, une défaite : avec quatorze points, Paris occupe la troisième place, à égalité avec Lyon, Paris, Lille et Monaco. Quatre longueurs séparent les Parisiens des Lensois. Pour le Racing, recevoir ce rival revient donc à affronter une équipe qu’il lui faut rattraper.

Au sein de cette équipe prometteuse, un nom nous est familier : Lassine Sinayoko, qui compte déjà six buts et trois passes décisives en sept journées. De quoi raviver le souvenir de son transfert avorté à Lens, à l’été 2025. Jean-Louis Leca avait alors obtenu son accord lors d’un rendez-vous au McDonald’s d’Auxerre, avant que l’AJA ne bloque son départ. Samedi, mieux vaudrait éviter que les retrouvailles ne nous restent une fois de plus sur l’estomac.

Enfin, le 4-3 de dimanche dernier contre Rennes laisse aussi quelques encouragements : le PFC a concédé trois penalties et laissé filer trois avances. Il reste des fragilités à solliciter. À nos Lensois de trouver les situations qui permettront de les exposer. 

Retrouver le rythme de Bollaert

Troyes samedi dernier, Bruges mercredi, Paris ce samedi : trois rencontres en huit jours. Sur le papier, l’enchaînement a de l’allure. Dans les jambes, et on en voit certaines qui peinent, il demande davantage de précautions. Il faut récupérer, préparer un autre adversaire, retrouver de la précision et suffisamment de fraîcheur.  

Cette exigence appartient aussi au plaisir que nous avons réclamé. En souhaitant revoir Lens en Coupe d’Europe, nous avons rempli les semaines. Au staff de répartir les efforts ; à l’équipe de trouver une continuité d’un match à l’autre. L’enthousiasme des tribunes se renouvelle généralement plus vite que les organismes.

En championnat, le Racing vient justement de remettre de l’ordre dans ses résultats. Les victoires convaincantes contre Lyon (2-1) puis à Troyes (1-3) lui ont permis de remonter à la huitième place, avec dix points. Les dernières sorties nous ont tous rassurés par leur contenu, les attitudes affichées et le fond de jeu qui se (re)dessine. Une troisième victoire de suite donnerait une autre consistance à ce redressement, après un début de championnat pour le moins chaotique.

C’est aussi dans ces points accumulés que se préparent les prochaines campagnes européennes. Pour qu’un nouveau tirage nous occupe l’été prochain, le Racing doit avancer dans ce championnat. Enfin, il y a aussi, le plaisir de retrouver Bollaert. La place habituelle, les gens autour, une conversation laissée en suspens au match précédent et bientôt le terrain qui réclame toute l’attention. Ces rendez-vous entretiennent quelque chose que les semaines européennes viennent agrandir.

La nécessaire efficacité dans les deux surfaces

Samedi, le Racing devra être aussi décisif dans la surface parisienne que vigilant dans la sienne. À Troyes, Florian Thauvin avait montré ce que pouvait apporter cette justesse dans les derniers mètres : son travail sur le côté gauche avait préparé le but d’Odsonne Édouard, puis son centre avait trouvé Ruben Aguilar pour celui du break. Le Racing aura besoin de retrouver ces associations qui concrétisent l’effort collectif. D’autant que Bruges a rappelé le prix des occasions laissées en route.

Mais face à un Paris FC aussi entreprenant, garder notre cage inviolée sera tout aussi important. Un match sans encaisser donnerait une traduction concrète aux progrès entrevus ces dernières semaines. L’enjeu commence là, dans la capacité à réussir un match de championnat trois jours après un déplacement européen.

Les prochains itinéraires attendront. Samedi, il y a trois points à aller chercher au bout du trajet qu’on connaît par cœur.

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