Marcel Tisserand : «À Lens, je me suis dit : ici, les gens aiment vraiment le foot»

À 33 ans, Marcel Tisserand évolue aujourd’hui à Sydney, en Australie. Ancien joueur du RC Lens (une demi-saison, en 2014) et du Toulouse Football Club (2014-2016), il va évidemment être un spectateur attentif de cette demi-finale si attendue. Et s’il n’a passé que six mois en Artois, l’international congolais n’oubliera jamais les Sang et Or.

Photo CSO

Marcel, depuis Sydney, suivez-vous toujours notre bonne vieille Ligue 1 ?
Oui, toujours ! J’ai encore des copains qui jouent en France, j’aime bien regarder même si ce n’est pas évident avec le décalage horaire. Mais j’ai toujours un œil.

Quelles équipes peuvent attirer votre regard ?
Très récemment, je suis beaucoup ce que fait le Paris FC. J’aime bien ce que propose Antoine Kombouaré. Je l’ai eu comme entraîneur à Lens, à l’époque. On a toujours gardé un bon contact. Je suis vraiment content de ce qu’il fait avec le PFC. Beaucoup ont pensé que ce n’était seulement que pour une mission maintien, mais on voit que s’il était arrivé un peu plus tôt, peut-être que le PFC aurait prétendu à de meilleures choses. Ensuite, forcément, je regarde Monaco [son club formateur], le PSG, Lens… Avec cette bataille pour le titre qui est encore d’actualité, Paris ayant perdu face à Lyon…

Vous y croyez, à ce titre de champion pour le RC Lens ?
Le championnat de France dépend beaucoup de Paris. Si Paris a envie et si Paris est déterminé à le vouloir… Si Paris décide, il gagnera le championnat chaque année, mais… on va voir si Lens, qui fait une saison exceptionnelle, pourrait en profiter sur la dernière ligne droite.

«Jean-Louis Leca et Pierre Sage font un boulot exceptionnel»

Dans cette saison lensoise exceptionnelle, qu’est-ce qui vous interpelle le plus ?
Ce qui m’a beaucoup plu, déjà, c’est le recrutement de l’été passé et de cet hiver. Ils se sont renforcés avec des éléments de qualité. Cet hiver, quand tu vois Allan Saint-Maximin, mon ami Arthur Masuaku [ils ont évolué ensemble avec la RD Congo]… Je trouve ça hyper intéressant. Pouvoir compter sur des joueurs comme Odsonne Édouard, ou des joueurs revanchards comme Malang Sarr… Jean-Louis Leca et Pierre Sage font un boulot exceptionnel. Tu vois que tout le monde adhère au projet depuis le premier jour.

Pour cette demi-finale de Coupe de France entre Lens et Toulouse, si on vous demande de choisir, vous nous dites…
C’est comme me demander de choisir entre mon père et ma mère ! Lens est sur une bonne dynamique, mais Toulouse a pu leur poser quelques problèmes vendredi. C’est dur pour moi de choisir, mais j’aimerais bien voir Toulouse le faire. J’ai envie de les voir aller au bout de cette Coupe. En fait, si Lens peut prendre le championnat et Toulouse la coupe… Comme ça, pas de jaloux.

«Lens, c’est mon premier grand souvenir dans le monde du football»

On rembobine : vous arrivez à Lens en janvier 2014, pour un prêt de six mois. Qu’est-ce qui peut vous venir en tête, tout de suite, quand on vous évoque votre aventure au RC Lens ?
La montée en Ligue 1 ! Pour moi, c’était exceptionnel. C’est mon premier grand souvenir dans le monde du football. La première célébration. Avant d’arriver, j’ai seulement six mois de foot pro derrière moi, et je me retrouve dans cette aventure-là, avec des super mecs : [Danijel] Ljuboja, [Alaeddine] Yahia, [Pierrick] Valdivia… On avait une top équipe. On s’entendait tous bien. C’était vraiment exceptionnel.

Je me souviens qu’on bat Metz, chez eux, 1-0, et je marque [le 8 mars 2014, 27e journée]. Jusqu’à finir par cette finale, on va dire, au CA Bastia [16 mai, 38e journée], dans une ambiance un peu hostile. On gagne 2-0, je fais deux passes décisives. De bons souvenirs. On aurait tous aimé continuer avec Lens, mais il y a eu cette affaire Mammadov, et on n’a pas pu prolonger cette belle histoire.

Racontez-nous les circonstances exactes de cette fin d’aventure…
J’étais prêté par Monaco. Je m’entendais très bien avec Antoine Kombouaré, j’avais de bonnes relations avec Gervais Martel. En fin de saison, on s’était dit : pourquoi pas repartir sur un nouveau prêt. Il fallait voir ce que Monaco voulait, savoir s’ils souhaitaient me faire jouer tout de suite ou pas. J’étais partant pour Lens. Surtout en voyant comment Monaco commençait à se développer, avec les arrivées de joueurs comme [Dimitar] Berbatov, [Éric] Abidal, [Ricardo] Carvalho… Je me suis dit que ça allait être un peu difficile. Donc Lens et Monaco se mettent d’accord sur un prêt supplémentaire.

Je fais la reprise à Vichy avec Lens. Quelques joueurs reviennent mais d’autres ne peuvent pas car les contrats ne sont pas homologués. D’ailleurs, le mien ne l’est pas non plus. Et on s’aperçoit très rapidement que ça ne va pas pouvoir se faire. Pendant ce temps, Toulouse et leur entraîneur Alain Casanova m’appellent. Ils me disent qu’ils suivent la situation à Lens et qu’ils aimeraient bien me récupérer après, de leur côté, le départ de Serge Aurier pour le PSG. Ils voulaient que je le remplace, puisque je jouais latéral droit à cette époque. Mais mon option numéro 1, c’était Lens. Finalement, je vais à Toulouse.

«J’ai fini par me dire : Ah ouais, ici, c’est exceptionnel.»

Quelles émotions vous ont resté de Bollaert et de son ambiance ?
Déjà, il y avait un peu plus d’ambiance qu’à Monaco (il sourit). Au début, ça m’a fait bizarre ! En Ligue 2, c’était toujours plein, même contre Arles-Avignon, Niort, etc. Je me suis dit que les gens aimaient vraiment le foot ici. Ils étaient là, ils chantaient du début à la fin. J’ai fini par me dire : ah ouais, ici, c’est exceptionnel. J’en ai beaucoup profité.

Que pouvait représenter Gervais Martel pour le jeune footballeur que vous étiez à ce moment ?
C’était la figure emblématique du club. La personne à qui on pense en premier quand on arrive à Lens. Au départ, j’étais logé dans son hôtel du golf, je le voyais tous les jours. Il avait toujours des belles histoires à raconter. On avait pu beaucoup échanger et j’en avais appris pas mal sur le monde du football.

Pour finir sur le thème de la Coupe de France : vous n’avez joué qu’un seul match dans cette compétition avec Lens. Et ce n’est pas franchement un bon souvenir pour tout le monde…
J’arrive à Lens, et on tire Monaco, que je venais de quitter. Avant le match, tous les mecs de Lens me demandaient des tuyaux, comment allait jouer le staff, les joueurs en forme, etc. On prend 6-0. Mes conseils, ça n’avait pas trop marché. Les gens ont pu se dire : soit il nous a raconté des conneries parce qu’il ne voulait pas que Monaco, club à qui il appartient, se fasse éliminer, soit nous, on n’a pas été bon. [Sourire] C’était très difficile, surtout face à ce Monaco en grande forme. C’était un peu dur pour nous de rivaliser ce jour-là.»

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