Une répétition générale savoureuse

Au terme du premier acte de la double confrontation face au TéFéCé, le Racing a su faire face aux éléments contraires et se sublimer pour remporter un succès précieux dans la course à la Ligue des Champions. Bollaert a douté. Bolllaert n’a pas lâché. Bollaert a vibré. Bollaert a exulté ! Retour sur cette opposition riche d’enseignements.

Pierre Sage désormais tourné vers une potentielle finale au Stade de France.
Photo CSO.

Hasard du calendrier, le Racing défie les Violets à deux reprises en quelques jours avec des enjeux différents. D’une part, conforter sa seconde place au classement de Ligue 1. De l’autre, aller chercher une finale de Coupe de France qui lui tend les bras. La question était de savoir comment aborder cette rencontre : jouer le coup à 100% face à des Toulousains qui n’ont plus rien à espérer dans ce championnat, ou se préserver en vue d’une opposition où ces derniers joueront leur saison ?

Une composition inédite

Samson Baidoo de retour dans le groupe
Photo CSO

En laissant sur le banc plusieurs cadres, Pierre Sage a fait des choix forts. Il a indiqué à son adversaire du soir qu’il ne dévoilerait pas son jeu aussi facilement et qu’il faudrait des circonstances particulières afin que le tacticien toulousain puisse entrevoir l’étendue de ses cartes.

Hormis le milieu de terrain composé du duo de marathoniens Sangaré-Thomasson, le reste du onze de départ pouvait surprendre avec les titularisations, entre autres, d’Arthur Masuaku et de Florian Sotoca. Simple stratégie sportive en vue de la prochaine échéance, ou message à faire passer au regard des attitudes parfois décevantes lors du Derby ? Dans les deux cas, il s’agit-là du premier coup de poker tenté par le technicien artésien.

Une première mi-temps pleine d’amertume

Qui aurait pu prédire les différents momentums ayant animé les quarante-cinq premières minutes ? Ils furent nombreux et parfois déconcertants. Après une entame de match convaincante, les Lensois ont vécu un scénario catastrophe en l’espace de quelques minutes. Difficile à expliquer.

Robin Risser avait réalisé un math solide à Lille malgré les trois buts encaissés. Ce vendredi, sous le regard de « Gus », gardien du temple champion de France 98, le jeune international espoir commet une erreur lourde de conséquences sur une frappe lointaine de Cristian Casseres, après une perte de balle de Florian Sotoca. Le Racing est sonné. Comme avait pu l’être le portier historique lensois lors d’une nuit bavaroise en novembre 2002.

Il se laisse ensuite surprendre quelques minutes plus tard sur une tête de Seny Koumbassa, qui profite de l’apathie de la défense lensoise. Nous sommes alors à la 12e minute. Le Racing est mené 2-0 sur les deux premières et uniques frappes cadrées des Toulousains. Cruel. S’ensuit alors bon nombre de situations, sans que le Racing parvienne à réduire le score, malgré 74% de possession de balle et 12 tirs.

Durant cette première mi-temps, la question de l’arbitrage a, une nouvelle fois, cristallisé l’incompréhension voire la colère des supporters lensois. Le manque de clarté et de cohérence dans les décisions de Mr Pignard et de ses assistants à la VAR ne vont cesser d’alimenter les débats relatifs à la qualité de l’arbitrage au sein de notre Ligue 1. Comment ce dernier peut-il refuser le but inscrit par Florian Sotoca pour une « poussette » – un contact dont son adversaire, nullement déstabilisé, ne semble même pas se rendre compte – et fermer les yeux sur la bousculade nettement plus évidente commise par Aron Donnum qui fait chuter Adrien Thomasson dans la surface de réparation toulousaine ? Cela restera une énigme. Une performance arbitrale exemplaire… de ce qu’il ne fallait pas faire. Il faut néanmoins saluer le sursaut de lucidité au moment d’expulser Yvan Gboho après une vilaine semelle, toujours sur ce même Adrien Thomasson. Le Toulousain, atout offensif de poids, sera suspendu pour le rendez-vous de mardi soir.

Une seconde période au goût sucré

La seconde mi-temps redémarre sur les mêmes bases que s’était terminée la première. Une attaque défense avec un bloc bas toulousain que le Racing, revenu avec de bonnes intentions, peine à perforer. C’est à ce moment que Pierre Sage choisit d’utiliser d’autres atouts offensifs et de faire « tapis » en faisant entrer Odsonne Édouard, Allan Saint-Maximim, puis Florian Thauvin. Choix payants. Ces entrées vont changer le cours du match. Malgré le peu d’espaces laissés par les lignes toulousaines resserrées, Allan Saint-Maximin a su jouer de sa vitesse et de sa technique pour attirer les défenseurs et libérer des espaces pour ses partenaires. Il finit par adresser un centre millimétré à Saud Abdulhamid qui remet Lens dans la partie.

La pression s’accentue et chaque soldat lensois s’essaye à des frappes à l’image de celle, lointaine, de Malang Sarr. Le portier toulousain ne peut que repousser le ballon. Thomasson n’en demandait pas tant pour égaliser dans une ambiance survoltée !

L’image d’Ismaëlo Ganiou plaçant cette tête imparable dans les arrêts de jeu et se précipitant vers la Marek pour haranguer les supporters restera, à n’en pas douter, une image forte de cette saison. Et ce, pour plusieurs raisons. Ce gamin Made in Gaillette qui se mue en taulier permet au Racing de se sortir d’un mauvais pas au terme d’un match dingue. Scénario qui fait écho à un certain RCL – ASSE de 2008 et au but victorieux d’Aruna Dindane. Il symbolise à lui seul le renouveau lensois depuis quelques années, en portant fièrement les valeurs qui définissent l’identité de notre Racing.

Ismaëlo Ganiou, déterminé et buteur décisif au terme d’un scénario fou
Photo CSO

Une demi-finale en ligne de mire

L’ensemble des supporters lensois avait revêtu son costume de coach, analysant la composition d’équipe adverse, les déplacements des blocs sur le rectangle vert, les moindres choix stratégiques de Pierre Sage, mais également de Carles Martínez Novell. Tout cela en vue de ce rendez- vous de gala de mardi soir qui fait saliver le peuple Sang et Or depuis la qualification en quarts de finale dans l’antre des Lyonnais.

Car ne nous leurrons pas : après cette défaite dans les grandes largeurs face au voisin lillois et en dépit du faux pas parisien dimanche soir, les espoirs de titre se sont quelque peu dissipés dans les rangs lensois. Bollaert revêtira son habit des grands soirs de Coupe, habit trop longtemps laissé au placard depuis le rugissant et incandescent Lens-Bordeaux d’avril 2013. Une éternité. Ce Racing post-remontée ne peut pas laisser passer cette occasion. Il ne peut laisser toute une génération de supporters vierge de titre.

Ce RC Lens a démontré ce vendredi soir de réelles capacités d’abnégation. Il en faudra encore davantage pour remporter le second acte face à des Toulousains revanchards et emmener tout le peuple Sang et Or dans l’enceinte dyonisienne. Transformer ce goût sucré en extase, le Racing en est capable. Bollaert-Delelis s’est échauffé durant ce premier acte. Il sera prêt. Nous allons le faire, ensemble. Fiers d’être Lensois.

Partager cet article
Retour en haut