À jamais dans sa carrière, dès que Matthieu Udol affrontera le FC Metz, ce sera forcément spécial. Avant de nouvelles retrouvailles avec les Grenats, son club de toujours (dimanche 15 heures, sur Ligue1+), cinq anciens entraîneurs et coéquipiers, qui l’ont tous connu en Lorraine, applaudissent son mental et son destin.

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Frédéric Antonetti* : « Il y en a qui ne reviennent pas après un croisé… »
« Il avait 21 ans quand je l’ai connu. Il avait déjà eu deux fois les croisés au genou. Il y en a qui ne reviennent pas après un croisé, alors quatre, c’est exceptionnel ! De Matthieu, je retiens de la détermination. Et encore, détermination, ce n’est même pas le mot qui convient… À chaque fois qu’il revenait de ses longues blessures, c’est comme s’il n’avait rien eu. Il repartait de plus belle, sans n’avoir rien perdu. C’est un gros bosseur, un travailleur à l’écoute, un grand professionnel. Aujourd’hui, je ne suis pas surpris car ce sont simplement ses blessures qui ont ralenti sa progression. Le potentiel était et est toujours là. Pour revenir comme ça, il faut avoir une grande confiance. Je me rappelle encore de cette dernière année compliquée à Metz où j’avais mes deux latéraux prometteurs blessés : Matthieu Udol et Fabien Centonze, qui revient bien également à Nantes. »
* Entraîneur de Matthieu Udol au FC Metz.
Yeni Ngbakoto** : «Il est à un tournant très fort de sa carrière»
« Matthieu, en un mot, c’est résilience. C’est un battant. Après tout ce qu’il a vécu en termes de blessures, c’est exceptionnel comment il a su retourner ça en sa faveur. C’est quelque chose qui est très, très fort. Je me souviens de quelqu’un de très timide, mais très sûr de lui. Il apprenait, il regardait. Je me rappelle ses premiers pas en professionnels. Il observait beaucoup, était à l’écoute des coachs. Mais c’était déjà un leader né. Même en jeunes, il était déjà capitaine, il savait prendre ses responsabilités. Je trouvais un joueur très déterminé et très ouvert à apprendre des anciens. Et même s’il ne jouait pas forcément à ses débuts, il n’a jamais triché. Je me rappelle qu’en plus, il était vraiment petit de base. Alors que, quand on le voit aujourd’hui, c’est un monstre physique. C’est un exemple pour beaucoup de joueurs dans le monde du football, notamment là où il a été formé, à Metz : c’est ne jamais rien lâcher même quand on est dans une période sombre. Et voilà la carrière qu’il fait, et ce n’est pas fini. Il est actuellement à un tournant très fort. Aujourd’hui, il est aux portes de l’équipe de France : c’est très costaud.»
** Coéquipier de Matthieu Udol au FC Metz.

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Philippe Hinschberger*** : « Quatre opérations du genou, c’est fou ! »
«Un footballeur comme on aimerait en avoir tout le temps. Un mec sans histoire, un bosseur, un bon gamin. Ce n’était pas un footballeur à l’ancienne mais… Je repense à ses blessures. La première au genou, c’était avec moi comme entraîneur. Dans un match amical face à Seraing (Belgique), en juillet, en préparation. On avait demandé à arroser le terrain, cela n’avait pas été fait… Et sur une touche, il veut changer de direction et il se prend les pieds dans le tapis… Je m’en souviens comme si c’était hier. Une autre de ses blessures, c’était face à Grenoble, quand j’étais entraîneur du GF 38… Je crois qu’on l’avait fait reprendre prématurément si j’ai bien compris… Ce n’était pas spectaculaire, mais ça a lâché. Matthieu, c’est beaucoup de résilience car à un moment, tout à chacun aurait arrêté le football. Quand vous voyez d’où il vient, avec la qualité et la puissance de ce qu’il produit, c’est quand même incroyable. Quand on a dû passer par quatre opérations du genou, c’est fou ! Donc à un moment donné, ce n’est que du bonheur pour lui, je pense qu’il en profite à fond et qu’il envoie !»
*** Entraîneur de Matthieu Udol au FC Metz.
Cheick Doukouré**** : «Je ne l’ai jamais vu essayer d’avoir une grosse voiture»
« Matthieu, c’est un jeune que j’ai toujours beaucoup apprécié. Dès que tu le vois et que tu parles avec lui, tu sens qu’il y a de l’éducation, qu’il a été élevé avec des valeurs familiales de respect. J’ai ressenti ça dès le début. Avec les difficultés qu’il a eues, c’est quelqu’un qui prend sa vie en main, qui prend les devants et qui choisit ce qu’il veut faire. Je le voyais dans sa détermination à l’entraînement tous les jours. Il était jeune, mais déjà très professionnel. Il allait en salle de musculation, il était souvent en train de travailler, prendre soin de son corps. Moi aussi j’avais eu les croisés juste avant lui et il prenait conseil auprès de moi ou du physio. Il essayait d’apprendre sur son corps. Vraiment une personne très, très simple, discrète. Ce n’est pas quelqu’un qui cherchait à se faire voir. Je ne l’ai jamais vu essayer d’avoir une grosse voiture, d’acheter des vêtements de marques… Une simplicité qui changeait un peu par rapport aux jeunes, en général, de cette génération. »
**** Coéquipier de Matthieu Udol au FC Metz.
Marvin Gakpa***** : «Il n’est pas moyen partout, il est vraiment bon»
« Pour moi, c’est le latéral le plus complet avec qui j’ai joué. On se disait entre nous : « Matthieu, s’il n’avait pas eu ses croisés, il serait allé dans club du top 5 mondial ! » Il y a des latéraux qui sont vraiment bons offensivement, mais c’est plus dur défensivement, et vice versa. Lui, dans tous les compartiments, il est fort ! Il n’est pas moyen partout, il est vraiment bon. Il est rapide, physique, technique, il sait sauter de la tête, pour le bouger il faut y aller… On connaît son parcours : c’est le seul joueur de haut niveau qui joue encore avec quatre croisés. Je pense que ça n’existe pas ailleurs dans le monde. Quatre, c’est exceptionnel. Mentalement, à chaque fois qu’il était touché par ces graves blessures, tu sentais que ça lui faisait mal, mais le lendemain, tu voyais que ça ne l’affectait plus. Ce mental, je pense que c’est lié à son éducation, ses parents, il est aussi bien accompagné. Mais, sinon, on a l’impression comme ça qu’il est grave sérieux, mais il aime bien rigoler !… »
***** Coéquipier de Matthieu Udol au FC Metz.
