La passe de trois

Jeu en triangle, match de coupe dans l’Aube, Saint-Maximin qui vient crucifier les Rennais. Cette semaine lensoise était sous le signe de trois.

Allan Saint-Maximin à l’entrainement face à un défenseur rennais
Photo CSO
« Vous êtes pas contents ? Triplé ! »

Nombreuses et nombreux sont celles et ceux qui sont venus, par deux fois cette saison, asséner que ce RC Lens était une équipe en bois qui allait exploser en plein vol. D’abord après la défaite à Metz, chez le bon dernier, où une équipe sang et or apathique se fit gifler et les remplaçants peinèrent à convaincre. Ensuite, après le déplacement au Vélodrome, amputé d’une tribune, face à des hôtes moralement atteints par une énième humiliation en coupe d’Europe, mais qui auraient pu fesser encore plus sévèrement nos protégés. Et il faut bien avouer que ces deux défaites ont bien créé un petit inconfort chez nous, adorateurs, rappelant que l’objectif de notre modeste équipe en saison de transition était bien un top 7 en championnat.

Qu’à cela ne tienne. Le Racing vient d’enchaîner trois succès de rang en une semaine, rappelant la réalité du terrain et de l’ambition de tout un club pour atteindre les sommets. Un succès contre Le Havre pour se rassurer. Un huitième de finale contre l’ESTAC pour confirmer. Une affiche contre Rennes pour marteler. « Vous êtes pas contents ? Triplé ! »

Enseignements en trois services

Que nous apprend cette semaine dense et charnière dans la saison lensoise ? Trois choses.

Pierre qui roule n’amasse pas mousse

Que Lens est armée et sera au rendez-vous pour cette deuxième partie de saison. L’équipe de Pierre Sage sait se remettre la tête à l’endroit malgré les chutes, et se donne ainsi une consistance et une régularité qui paie en championnat et en coupe. Un chiffre : 16 victoires en 21 journées, boum. Ce Lens retrouve toujours ses gammes, avec notamment des centres de Matthieu Udol, devenus une marque déposée, sur la tête de ses coéquipiers. Et même quand elle joue un football moyen, soyons honnêtes, contre Le Havre et Troyes, elle sait être létale et efficace pour chicoter les adversaires. Elle sait aussi se mettre sur son 31 lors de belles affiches, comme ce week-end contre Rennes, ne tombant jamais dans le piège de son propre jeu ou de celui de Bretagne sauce Beye. Et même, quand les pseudos-experts du net estiment le Racing chanceux avec l’arbitrage, rien de tel qu’un homme en noir nommé Jérémie Pignard pour prouver le contraire.

Un effectif cuisiné aux petits oignons

Plus encore, Lens a un banc, un vrai, et les recrues et les jeunes pépites de la Gaillette viennent capitonner le mobilier. D’abord, il faut noter, encore, un mercato mené d’une main de maître, Jean-Louis Leca d’école. On a bien vendu et on a bien acheté avec la petite cerise sur la tarte à libouli, Allan Saint-Maximin, venu pour grignoter les défenses françaises avec ses dribbles gratinés. « ASM » (ou « Maxi ») nous a d’ailleurs offert une entrée-plat-dessert trois étoiles, écœurant le trop jeune portier rennais au passage, pour un but d’anthologie à Bollaert-Delelis qui nous fit éviter les pointes d’ulcère de fin de repas. Haidara, Masuaku et Saint-Maximin donc (et n’oublions pas Gorgelin) viennent amener de l’Xp pour level up le 3-4-2-1 lensois. Les jeunes, à l’image de Ganiou et Antonio, répondent présent, et bien présent, pour renforcer l’arrière-garde quand on pensait Gradit et surtout Baidoo irremplaçables.

Jeunes et ambitieux

Enfin, cette équipe a de la ressource et ne semble jamais rassasiée. Pierre Sage a dû poncer les Final Fantasy pour s’imaginer une liste de quêtes principales (les 40 points et les 52 points en championnat) et quêtes annexes (les records du club, la Ligue des Champions, la Coupe de France…) aussi copieuse qu’un américain savoyard supplément mexicanos sauce andalouse. Les joueurs suivent avec appétit et croquent les matchs à pleines dents.

Ce Racing 2025-26 est déjà un grand cru, et restera dans les annales à n’en pas douter. Pourtant, les nouveautés étaient nombreuses à tous les étages, de la direction administrative, sportive, du coach aux joueurs. Toutes de très bonnes surprises. Aujourd’hui, ce club nous fait saliver avec ces onze morts de faim sur le terrain. Et peut-être sauront-ils sabrer le champagne pour nous offrir la Coupe.

Partager cet article
Retour en haut