L’attaquant sang et or revient samedi soir dans un Vélodrome qu’il avait « climatisé » d’une manière inoubliable, un soir de septembre 2021. Semblant avoir atteint une forme de plénitude, à 30 ans, il continue d’impressionner les coéquipiers qui l’ont côtoyé.

Il est à une réalisation d’égaler son record de buts sur une saison en Ligue 1 (9). C’est dire à quel point Wesley Saïd vole avec le RC Lens de Pierre Sage. Les pépins physiques loin de lui, et le joueur formé au Stade Rennais montre tout ce qu’il est vraiment capable de faire. Ses anciens coéquipiers à Rennes, Dijon et Toulouse ne sont pas franchement surpris. Ils témoignent pour Culture Sang & Or.
Abdoulaye Doucouré* : « On se demandait : « Mais c’est quoi ce joueur ? » »
« Je l’ai connu au Stade rennais, et même avant. On faisait les essais ensemble. C’était en 2007. J’avais bien connu son père, on était de la même région (ndlr : Saïd est né à Noisy-le-Grand, en Seine-Saint-Denis). On avait tous les deux signé. On était très très proches. Wesley était au dessus : pied droit, pied gauche… On était tous impressionnés et on se demandait : « Mais c’est quoi ce joueur ? ». Je l’appelais « Poulette ». Je le voyais dans un très grand club, à son âge actuel. Pour moi, c’était le meilleur de sa génération. Il était déjà prêt à jouer en professionnel. Il avait le profil pour évoluer en pro très, très tôt, dès ses quinze-seize ans. Mais le club (Rennes) avait tellement d’attentes autour de lui… Je pense que cette pression n’est pas facile à assumer. Même, à un moment donné, je me posais la question de pourquoi il n’arrivait pas à exploser. Oui, les blessures l’ont beaucoup freiné. Elles le laissent un peu tranquille cette année. Ce qu’il fait aujourd’hui ne m’étonne pas. Il avait un énorme potentiel. Il a encore de très belles années devant lui. J’ai toujours apprécié le profil et la personne, très humble, gentille. Vraiment un bon gars, qui ne cherche pas les problèmes, il va toujours t’aider. »
*Formé avec Wesley Saïd au Stade Rennais.
Cédric Yambéré* : «Pour les blessures, je touche du bois»
«Je l’ai rencontré à Dijon, où on a joué deux ans ensemble. Il arrivait d’une saison compliquée avec Toulouse (ndlr : Wesley Saïd avait été transféré pour 8 millions d’euros de Dijon à Toulouse en 2019, montant très important à l’époque. Victime d’une grave blessure au ligament croisé en août 2020, quelques mois après avoir été relégué en Ligue 2 avec le Téfécé, il est éloigné des terrains pendant neuf mois, et ne réussira jamais dans avec les Violets, tandis que les supporters lui reprocheront beaucoup ce flop). Un très bon garçon, très gentil, très drôle, très marrant. Il est à la fois discret, mais aussi important dans la vie de groupe. Il mettait de l’ambiance. En déplacement, on était souvent en chambre ensemble. Je l’apprécie énormément. Quand il arrive à Dijon, il n’est pas forcément marqué, mais il avait à cœur de retrouver ce plaisir-là. Il connaissait déjà Dijon, un club très familial pour lui permettre de retrouver la confiance. Ça ne pouvait que lui faire du bien, et ça lui a fait du bien. Il a été un artisan de ces deux belles saisons. Là, à Lens, sa saison, sans les blessures, je touche du bois pour que ça reste comme ça jusqu’en mai. Quand il est à 100%, franchement, c’est un top joueur. Il fait partie des meilleurs joueurs de Ligue 1. À l’époque, c’était déjà exceptionnel : technique, costaud, il saute haut malgré sa taille. Il est complet. Je suis content de le voir là aujourd’hui. Il se prouve à lui-même et il montre aux gens que ce n’est pas un talent gâché. »
*Coéquipier de Wesley Saïd à Dijon

Photo RC Lens
Baptiste Reynet* : « Quand il est à 100%, c’est un joueur bien au-dessus de la moyenne »
« Déjà, avant de parler du footballeur, humainement, c’est vraiment un super mec. Une personne joviale, très sympa, très respectueuse. Je ne retiens que du positif de lui. Il amène de la bonne humeur, avec toujours le sourire. Ensuite, footballistiquement parlant, c’est un joueur pétri de qualités : pied droit, pied gauche, hyper adroit devant le but. Il était très fort techniquement, c’était assez incroyable. Il était très rapide… Ce qui lui arrive est amplement mérité. Surtout qu’il a connu la blessure au ligament croisé et la descente avec Toulouse. En plus, sa blessure, on sortait du Covid, donc il avait à cœur de prouver. Il a su se relancer, il a su rebondir. Je suis content de la trajectoire qu’il prend. Quand il est à 100%, c’est un joueur bien au-dessus de la moyenne des joueurs de Ligue 1. »
*Coéquipier de Wesley Saïd à Dijon puis à Toulouse
Wesley Lautoa* : «Il est devenu un peu plus buteur»
« C’est un chouette gars : dans un vestiaire, c’est une pâte. Je suis content pour lui des saisons qu’il enchaîne avec Lens. Depuis Rennes, tout le monde connaissait son potentiel technique, son explosivité, sa faculté à éliminer. Mais j’ai l’impression que, maintenant, il est devenu un peu plus buteur. C’est surtout sa régularité qui le propulse comme ça dans la lumière. Avant, il était capable de faire des gros matchs, mais il avait du mal à enchaîner. Je me souviens aussi de ses feintes de frappes, pied droit, pied gauche : il avait cette facilité à éliminer par ça, avec les deux pieds. C’était difficile à défendre. »
*Coéquipier de Wesley Saïd à Dijon
Nicolas Isimat-Mirin* : « Il a eu de la résilience tout au long de sa carrière »
« Je l’ai connu très, très jeune, il était en préformation, il devait avoir quatorze ans. Mais il était déjà très talentueux. Je me souviens notamment de ses tresses… Ensuite, j’ai surtout joué avec lui à Toulouse. Mais le collectif n’était pas bon. C’est peut-être ça le problème des supporters du club à l’époque, il fallait taper sur ce qui rapporte le plus au club : les transferts. Il fallait un chat noir. Lui a essayé de faire le boulot, mais on n’était pas assez armé dans cette période-là. Wesley a eu de la résilience tout au long de sa carrière. Je suis vraiment content qu’il ait cette année pour montrer toute l’étendue de son talent. C’est un peu la cerise sur le gâteau, ce qui se passe à Lens. Il est dans la continuité du projet depuis qu’il est arrivé, et il arrive peut-être à un âge mur où il peut performer tous les week-ends. Sinon, à Toulouse, j’ai adoré son approche au niveau de la sape. Il était très axé sur la mode, avec Aaron Leya Iseka et William Vainqueur. Ils avaient leur site, leurs trucs. Ils étaient dans les tendances, mais vraiment propres, pas dans des choses bizarres. Wesley, comme dans son football, c’était précis, avec de la qualité.»
*Coéquipier de Wesley Saïd à Toulouse.
