CULTURE SANG & OR

Worldnet : “Plus on est de fous, plus on rigole !”

La compétition vous manque ? Les supporters lensois continuent d’arpenter les routes pour porter haut et fort les couleurs du Racing club de Lens. L’un des événements phares de la saison se déroule cet été au pays de la perfide Albion. Du 8 au 10 juillet : TOUS A WORLDNET ! On a interviewé Cyrille, membre des Red Tigers, groupe ultra Sang et Or devenu partie prenante de la participation du RC Lens à ce tournoi. Rock & Lens !

Salut Cyrille, peux-tu peux nous parler de l’origine du tournoi WorldNet ?

Le tournoi a été créé en 1996, année de l’organisation de l’Euro en Angleterre. En cette période, les tabloïds anglais rabâchaient que l’Euro ne pourrait pas se tenir convenablement à cause des hordes de hooligans britanniques. L’Internet Football Association (IFA), association regroupant des fans de différents clubs qui échangeaient sur la toile, a créé le tournoi appelé “Euronet” devenu plus tard “Worldnet”, afin de montrer aux yeux de tous que des évènements sportifs pouvaient avoir lieu sans troubles à l’ordre public, dans un esprit compétitif mais surtout de fair-play. Le tournoi avait déjà lieu à Nottingham à l’époque, il a ensuite migré pendant une dizaine d’années à Leeds où nous avons créé de sacrés souvenirs, puis à Preston pour enfin revenir sur ses terres natales. 

Pourquoi est-ce que les supporters du RC Lens participent ?

C’est en 2000 que Pascal alias Craby initie la participation des supporters lensois à ce tournoi, avec son association “Lensois Online” qui permettait alors aux supporters Sang & Or de communiquer sur l’actu du Racing via internet. A l’époque on était encore bien loin des réseaux sociaux actuels, c’était principalement les forums qui servaient de plateformes d’échanges. Pascal décide alors de former une équipe et organise un bus, qui est alors complété par quelques Tigers. Au fil des années, de plus en plus d’ultras participent au tournoi jusqu’à en devenir l’extrême majorité des participants. C’est donc aujourd’hui les Tigers qui organisent le déplacement des lensois vers les terres anglaises, mais la participation reste ouverte à tous les membres d’associations et à tous les indépendants. Plus on est de fous, plus on rigole ! 

Les autres participants sont majoritairement des supporters de clubs anglais ?

Lors de ce tournoi annuel, on affronte des supporters de clubs anglais évoluant jusqu’en 5ème division. On joue parfois des équipes bien connues comme Manchester United ou Manchester City, mais aussi des équipes beaucoup moins réputées comme Halifax, Wimbledon ou Rochdale. Il y a aussi des équipes écossaises, une équipe nigérienne de supporters d’Arsenal, et nous avons déjà croisé aussi des italiens, des grecs et des allemands lors des précédentes éditions. 

“Nous avons toujours noué des liens particuliers avec les équipes écossaises”

Il faut savoir que le succès de l’IFA est tel qu’aujourd’hui les équipes britanniques s’affrontent dans deux championnats distincts tout au long de l’année : un en Angleterre et un autre en Ecosse. Le tournoi Worldnet représente désormais uniquement l’évènement de fin d’année où les équipes se retrouvent pour jouer mais surtout s’amuser. 

Naturellement il y a des amitiés qui se sont nouées au fil des années avec des fans anglais ? Je ne sais pas si il y a un lien, mais on se rappelle de certains anglais devenus supporters du RC Lens et qui venaient régulièrement à Bollaert.

Nous avons toujours noué des liens particuliers avec les équipes écossaises dont l’esprit est vraiment proche de celui des supporters lensois (voir interview de Jimmy Adjovi-Boco). Chaque année c’est un plaisir de retrouver ces équipes et de boire un verre ensemble, je pense notamment aux supporters du Hearts of Midlothian et de Livingston. Il y a toujours la barrière de la langue qui ne nous permet pas d’échanger suffisamment, mais le football est un langage universel, tout comme la troisième mi-temps. Les relations avec les équipes anglaises sont amicales en dehors du terrain, mais il y a toujours une certaine animosité naturelle sur le terrain, des “Fuckin’ frogs” mais aussi “Putain de Rosbeef” qui sortent assez facilement des bouches des joueurs quand il y a un tacle un peu trop appuyé ou un maillot tiré en bonne et due forme. 

“On prend les inscriptions dès le début d’année, et elles sont ouvertes à tous les fans du RC Lens”

Nous avons en effet des supporters du Racing outre-manche, et les membres des Northern Lensois, dont l’emblématique Richard, ont déjà participé plusieurs fois au tournoi avec nous. Ils viennent encore de temps en temps à Bollaert, et je pense qu’au vu des résultats et la médiatisation de notre équipe, ajoutés au jeu offensif et alléchant pratiqué par nos joueurs, nous devrions voir de plus en plus de fans britanniques du côté de Bollaert. 

Comment est-ce que le tournoi Worldnet s’organise ? Et comment se déroule-t-il ? 

Dès que les dates sont communiquées, chaque groupe s’organise de son côté afin d’établir le nombre d’équipes qu’il pourra inscrire au tournoi. On prend les inscriptions dès le début d’année, et elles sont ouvertes à tous les fans du RC Lens, qu’ils viennent pour jouer ou pour nous supporter (parfois aussi pour draguer en boite de nuit ou pour faire tourner la buvette. Pas pour la gastronomie locale, c’est certain). 

Le tirage au sort des poules devrait avoir lieu en fin de semaine. C’est assez étrange mais nous nous retrouvons souvent dans des poules très compliquées, dont les matchs ont lieu le samedi après une nuit passée dans le bus. Cela ne nous empêche pas de faire le boulot et sortir des poules pour nous retrouver en phases finales le dimanche. Ensuite c’est souvent “advienne que pourra”, les matchs sont courts (30 minutes) mais la fatigue s’accumule, et les séances de penalties sont dévastatrices. Mais cela ne nous a pas empêché de remporter la mise en 2007, 2011 et 2017. Nous avons fait nos preuves et notre équipe est toujours redoutée. Cette année encore, nous avons inscrit deux équipes qui évolueront dans le tournoi principal. Il y a aussi un tournoi vétéran en même temps pour les plus de 35 ans. 

Côté logement, nous dormons le plus souvent dans des chambres universitaires qui nous sont louées pendant les vacances scolaires. Les terrains font toujours partie de grands complexes sportifs universitaires, ce qui permet de jouer 5 ou 6 matchs en même temps et d’offrir du temps de jeu à toutes les équipes. 

Qui dit football, et Angleterre, dit anecdotes. Qu’est ce que tu as de croustillant à nous raconter ? 

Il y en a à la pelle (rires). De la sortie de boite à 5h du matin avant de reprendre les matchs à 9h, en farandole pour sortir, on s’est mis à chanter “c’était les lensois, qui sortaient de la boite… ils étaient suivis par une bande de rosbeef…”. Les sorties nocturnes à Leeds où toutes les filles sont déguisées pour des enterrements de vie de jeunes filles, je me rappelle notamment de cette boîte sur 5 étages qui s’appelle l’Oceana. 

Et le trajet, vous le faites comment ? 

En ferry ! D’ailleurs, en 2018, le capitaine du bâteau ordonne à notre bus de quitter le navire parce qu’on consomme trop d’alcool à bord. On a donc repris un ferry plusieurs heures après, dans les mêmes conditions que le précédent, et sans aucun souci (rires). On est arrivés à Nottingham 15 minutes avant le premier match. Sur le ferry, on met généralement l’ambiance ! 

Et suite à la victoire dans le tournoi ? 

La célébration du titre de 2007 fut belle, c’était la première victoire pour nous, dans des conditions météos désastreuses.

Un immense merci à Cyrille des Red Tigers, et toute notre force au groupe lensois qui ira défendre les couleurs Sang et Or à Nottingham du 8 au 10 juillet ! 

Retranscrit par Antoine

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